
CE QU'IL FAUT RETENIR :
Grâce à la modernisation des techniques de dialyse (osmose inverse) et l’utilisation, depuis 1976, d’eau de dialyse contenant moins de 10 microgrammes d’aluminium par litre, l’encéphalopathie des dialysés a totalement disparu.
POUR EN SAVOIR PLUS :
Un cas particulier aujourd'hui traité
La neurotoxicité de l’aluminium est avérée dans des situations exceptionnelles pour lesquelles les barrières naturelles (gastro-intestinale, paroi des vaisseaux sanguins, méninges) sont court-circuitées, ce qui permet le passage direct et massif de l’aluminium dans le sang et éventuellement vers le cerveau.
Dans le cas des insuffisants rénaux sous dialyse, le traitement à base d’aluminium en grande quantité a engendré une pathologie spécifique caractérisée par la dégradation des fonctions nerveuses d’abord motrices puis cognitives chez ces patients en état de santé très dégradé (insuffisants rénaux sous hémodialyse) et bien identifiée dans son tableau clinique à la fin des années 1970.
Cette maladie très spécifique, trouble neurologique observé chez les insuffisants rénaux sous hémodialyse, et très rare, était due à l’aluminium présent en très grande quantité dans le sang de ces patients comme l’a démontré Alfrey en 1976.
La toxicité de l’aluminium était un problème majeur pour les patients insuffisants rénaux sous dialyse dans les années 80.
Elle a maintenant totalement disparu depuis l’utilisation de techniques de filtration sanguine modernes (ex : l’osmose inverse) ou la limitation des teneurs en aluminium dans l’eau des dialysats (inférieure à 10 µg/l).
Pas de lien avec la maladie d'Alzheimer
Le tableau clinique, biochimique, histo pathologique et la symptomatomatologie médicale de l’encéphalopathie des dialysés n’ont aucun rapport avec ceux de la maladie d’Alzheimer.
L’évolution de ces deux entités est totalement différente.
En particulier, les lésions du cerveau observées dans l’encéphalopathie des dialysés ne sont absolument pas les mêmes que celles observées dans la maladie d’Alzheimer (plaques séniles et dégénérescences neurofibrillaires).
Ceci a été confirmé par une étude conduite en Allemagne et au Danemark à partir de l’autopsie de 50 cerveaux humains issus de pathologies neurologiques confirmées histologiquement (encéphalopathies des dialysés et maladie d’Alzheimer). Cette étude met très bien en évidence la différence entre les lésions observées au niveau cérébral dans les démences des dialysés ou les dialyses au long cours et celles de la maladie d’Alzheimer.
Références :
1 – Alfrey AC, Legendre GR, Kaehny WD – The dialysis encephalopathy syndrome. New England Journal of Medicine. 294 ; 1976 ; 184-188.
2 - Candy JM, McArthur FK, Oakley AE et al. Aluminum accumulation in relation to senile plaque and neurofibrillary tangle formation in the brains of patients with renal failure. Journal Neurol. Sci ; 107 ; 1992 ; 210-218.
3 - Reusche E, Koch V, Linder B, Harrison AP, Friedrich HJ – Alzheimer morphology is not increased in dialysis- associated encephalopathy and long term hemodialysis. Acta Neuropathol. 2001 ; 101; 211-216.
MAJ février 2011
