>> Retour à la page d'accueil
 

Aluminium et eau de boisson

 CE QU'IL FAUT RETENIR :

A ce jour, il n’a jamais été scientifiquement établi que la présence d’aluminium dans l’eau de boisson soit un danger pour la santé.

L’existence d’un lien entre l’aluminium de l’eau de boisson et la survenue d’affections neurologiques, dont la maladie d’Alzheimer, n’a jamais été prouvée. A ce jour, l’OMS n’a pas retenu cette hypothèse.

 

 POUR EN SAVOIR PLUS :

Le sulfate d’aluminium dans l’eau

Des sels d’aluminium tels que le sulfate d’aluminium sont souvent utilisés lors de la floculation pour purifier l’eau (principalement l’eau de surface).

Ce traitement permet notamment d’abaisser les concentrations en matières organiques de l’eau et, ainsi, de réduire la présence de microorganismes (virus, bactéries, parasites) à l’origine de maladies infectieuses.

L’alternative chimique aux sels d’aluminium dans le traitement de l’eau est le chlorure ferrique, pouvant présenter des effets secondaires tels que troubles gastriques, coloration de l’eau,…

 

La question posée

Certains scientifiques émettent l’hypothèse que l’aluminium présent dans l’eau de boisson pénétrerait plus facilement dans le corps humain que l’aluminium présent dans les aliments. Pour eux, cette biodisponibilité accrue pourrait avoir des conséquences sanitaires négatives telles que des troubles cognitifs, la maladie d’Alzheimer,….

La contribution de l’eau de boisson à l’exposition totale à l’aluminium par voie orale est pourtant marginale : la teneur en aluminium des eaux traitées par sulfate d’aluminium est généralement inférieure à 0,2 mg/l. Une étude comparative australienne (Stauber) a démontré que le traitement des eaux par du sulfate d’aluminium n’augmentait pas de façon significative le taux d’aluminium dans l’organisme.

 

Etat des connaissances scientifiques à ce jour

L’OMS considère, au vu des données scientifiques actuellement disponibles, que l’aluminium dans l’eau de boisson ne constitue pas un risque pour la santé.

L’existence d’altérations cérébrales consécutives à la présence d’aluminium dans l’eau de boisson n’a été scientifiquement établie par aucune étude épidémiologique à méthodologie consensuelle. Par ailleurs, l’hypothèse d’une pénétration accrue de l’aluminium par l’eau de boisson n’est pas à ce jour confirmée.

C’est pourquoi les valeurs de concentration maximale admissible d’aluminium dans l’eau de boisson retenues par les organisations sanitaires nationales et internationales ont été fixées selon des critères d’aspect et de goût (critères physico-chimiques) et non sur des critères sanitaires :

  • l’OMS a établi une valeur de concentration maximale admissible de 0,2 mg d’aluminium par litre d’eau (valeur non modifiée depuis 1984, confirmée en 1997) ;
  • l’Union Européenne a adopté cette valeur et l’a confirmée en 1998 ;
  • en France, la valeur de concentration maximale fixée par le Ministère de la Santé est également de 0,2 mg par litre (valeur confirmée par le décret du 20 décembre 2001) ; l’arrêté du 11 Janvier 2007 relatif à la qualité des eaux indique pour l’aluminium une valeur de référence (et non une valeur limite) de qualité de 200 µg/l (soit 0,2 mg/l) ;
  • sur la base d’une consommation de 2 litres d’eau par jour, le JECFA (Joint FAO/OMS Expert Committee Food Additives and Contaminants) a estimé en 2007 que la contribution de l’eau traitée par sulfate d’aluminium pour le traitement des eaux de surface, serait de 0,007 mg/kg poids corporel/jour.

 

Dernier avis à ce jour

En juin 2010, l’Académie Nationale de Médecine a indiqué sa position dans un communiqué sur les eaux de distribution publique à la suite de polémiques dans les médias sur les risques de maladie d’Alzheimer en relation éventuelle avec l’aluminium dans l’eau de boisson :

« Dans l’état actuel de nos connaissances il n’y a pas de lien entre cette absorption d’aluminium et la maladie d’Alzheimer. Il n’y a pas de danger reconnu d’une contamination potentielle par l’aluminium, et ce quelque soit son origine, a fortiori si la référence de qualité de 200 µg/l est respectée : cette limite n’est pas justifiée par des considérations sanitaires ».

 

Références :

1 – WHO – Guidelines for drinking water quality. 2004 ; 301 – 303

2 – Décret du 20 Décembre 2001 relatif aux eaux destinées à la consommation humaine à l’exception des eaux minérales naturelles (JO du 22 Décembre 2001).

3 – Arrêté du 11 Janvier 2007 (JO du 6 Février 2007) relatif aux limites et références de qualité des eaux brutes et eaux de boisson destinées à la consommation humaine.

4 – Académie Nationale de Médecine – Communiqué sur les eaux de distribution publique. 29 Juin 2010.

5 – Stauber J, Florence T, Davies C, Adams M, Buchanan, J – Bioavailability of aluminium in alum-treated drinking water and food, Journal of American Water Works Association 91, 1999, 84-93.


MAJ février 2011