
CE QU'IL FAUT RETENIR :
Aucune étude épidémiologique scientifiquement valide n’a établi une quelconque neurotoxicité ni relation avec le cancer du sein des sels d’aluminium contenus dans les déodorants.
POUR EN SAVOIR PLUS :
L’aluminium dans les déodorants
Les déodorants réduisent les odeurs corporelles à l’aide d’ingrédients comme le parfum ou l’alcool. Grâce aux antiperspirants, qui contiennent des sels d’aluminium, ils réduisent également la transpiration au niveau des aisselles.
En se dissolvant dans la sueur, les sels d’aluminium produisent une fine pellicule sur la peau qui réduit temporairement la transpiration.
La question posée
Des sels d’aluminium (chlorure d’aluminium, hexachlorure d’aluminium) utilisés dans la fabrication des antiperspirants pénétreraient dans le corps à travers la peau.
Selon P.Darbre (U.K.), l’aluminium pourrait être absorbé par la peau et avoir un effet hormonal estrogen-like et ainsi contribuer au développement de cancer du sein.
Etat des connaissances scientifiques à ce jour
Une importante étude publiée par le Journal of The National Cancer Institute en 2002 a analysé une population de plus de 1600 femmes (813 femmes atteintes de cancer du sein et 793 témoins indemnes) dans laquelle 90% des sujets utilisaient des déodorants. Cette étude menée avec une très grande rigueur sur le plan méthodologique, confirme l’absence d’un lien entre l’utilisation d’antiperspirants et le cancer du sein.
Une étude réalisée en France en 1995 sur des souris avait conclu à l’absorption cutanée du chlorure d’aluminium. Or la peau utilisée avait été épilée, ce qui remet en cause l’intégralité de la barrière cutanée. Par ailleurs, la peau de la souris est fondamentalement différente de la peau humaine et, chez l’homme, il a été prouvé que la peau constituait une barrière très efficace à l’égard des sels d’aluminium. L’épiderme de souris ne comprend que 2 à 3 assises cellulaires contre 20 à 30 chez l’homme. C’est la peau du porc qui est le modèle animal comparable à l’homme et reconnu par les instances internationales pour les expérimentations animales.
En France l’AFSSAPS s’est prononcé sur le sujet à plusieurs reprises :
- en 2002, elle a conclu, au vue des données scientifiques actuelles, qu’il n’y avait pas d’éléments suffisants pour restreindre l’usage de l’aluminium pour les produits cosmétiques ;
- en décembre 2004, sa commission de cosmétologie s’est prononcée en faveur de l’innocuité des produits cosmétiques contenant de l’aluminium ;
- en 2006, elle a indiqué que l’exposition attendue, eu égard aux effets toxiques potentiels de l’aluminium, n’était pas de nature à entrainer une suspicion de risque pour le consommateur.
De pareils avis ont été émis aux Etats-Unis :
- en 2003 puis en 2008, le National Cancer Institute a indiqué ne pas connaître d’étude établissant un lien entre l’utilisation d’antiperspirants ou déodorants pour application sous les aisselles et le développement de cancer du sein ;
- la FDA a également indiqué ne pas avoir d’éléments allant dans ce sens ;
- l’American Cancer Society indique qu’il n’y a aucune preuve scientifique soutenant que les antiperspirants augmenteraient le risque de développement de cancer du sein.
Dernières études à ce jour
En août 2008, un groupe d’experts en cancérologie a publié dans le Bulletin du Cancer (Revue de la Société Française de Cancérologie) une méta analyse qui conclue en l’absence de risque de cancer du sein en relation avec l’aluminium. Ce groupe d’experts a analysé l’ensemble de la littérature scientifique disponible sur le sujet. L’analyse approfondie de l’ensemble des données disponibles n’a pas permis d’identifier un caractère nocif des sels d’aluminium.
En France, l'Afssaps (2011) a conclu, au vue des données scientifiques actuelles, que l'exposition à l'aluminium par voie cutanée ne peut pas être considérée comme présentant un risque cancérogène.
L'Afssaps recommande de ne pas utiliser les produits cosmétiques contenant de l'aluminium sur peau lésée et de restreindre la concentration d'aluminium à 0,6% dans les produits antitranspirants ou déodorants.
Références :
1 – National Cancer Institute. Antiperspirants/Deodorants and breast cancer – Cancer Facts - Avril 2003.
2 – Mirick DK, Davis S, Thomas DB – Antiperspirants use and the risk of breast cancer .Journal National Cancer Institute. 2002 Oct 16.
3 – Namer M, Luporsi E, Gligorov J, Lokiec F, Spielmann M – L’utilisation de déodorants / antiperspirants ne constitue pas un risqué de cancer du sein. Bulletin du Cancer 2008, 95 (9) 87 – 1-80.
4 – Afssaps - Vigilances – Evaluation du risque lié à l’utilisation des aluminiums dans les produits de santé. Bulletin N°31. Février 2006.
5 – InVS, Afssa, Afssaps. - Evaluation des risques sanitaires liés à l’exposition de la population française à l’aluminium, eau, aliments, produits de santé. Novembre 2003.
6 – Federal Register –Food and Drug Administration– Juin 2003.
7 – Afssaps – Evaluation du risque lié à l'utilisation de l'aluminium dans les produits cosmétiques – Octobre 2011.
MAJ décembre 2011
